Nous sommes le 27 mars, et les Phoenix Suns sont au pied du mur. Avec un bilan de 40-32, septièmes à l'Ouest, ils accueillent les Denver Nuggets, confortablement installés à la cinquième place avec 44-28. Ce n'est pas juste un autre match de saison régulière. C'est un test de température, un test de courage, et franchement, un moment "tout ou rien" pour une équipe qui a constamment sous-performé contre l'élite de la conférence.
Voici le problème : Les Suns ont perdu leurs deux derniers matchs contre Denver, le plus récent étant un match serré 113-111 le jour du Nouvel An où Kevin Durant était absent. Ils ont été écrasés 119-111 en décembre. Quand ça compte, quand ils affrontent les vrais prétendants, Phoenix a trop souvent échoué. Leur bilan de 2-8 contre les trois meilleures équipes de l'Ouest – Minnesota, Oklahoma City et Denver – crie "prétendant". Ce n'est pas une bonne image pour une équipe avec des aspirations de championnat et une masse salariale qui pourrait financer une petite nation.
**Plus d'excuses pour le Big Three**
Tout le monde parle du Big Three à Phoenix. Devin Booker, Kevin Durant, Bradley Beal. Sur le papier, c'est terrifiant. En pratique, c'est incohérent, miné par les blessures, et franchement, un peu mou. Booker tourne à 27,2 points et 6,9 passes décisives, mais son efficacité diminue dans les moments cruciaux. Durant, toujours un scoreur hors pair avec 27,5 points, n'a pas été le pilier défensif dont cette équipe a désespérément besoin contre des adversaires plus grands comme Nikola Jokic. Beal, quand il est réellement sur le terrain, a montré des éclairs, mais 47 matchs joués ne suffisent tout simplement pas pour construire une alchimie.
Ce match contre Denver ne concerne pas les statistiques individuelles ; il s'agit de cohésion. Peuvent-ils enfin assembler 48 minutes complètes où les trois sont en pleine forme, faisant circuler le ballon et défendant avec détermination ? Les Nuggets, même sans Jamal Murray pendant un certain temps, ont prouvé qu'ils pouvaient gagner de manière difficile. Ils ont limité Portland à 91 points la semaine dernière. Ils ont battu les Grizzlies de 25 points. Denver sait comment arracher des victoires, une qualité qui manque souvent à Phoenix.
Franchement, si les Suns ne parviennent pas à battre une équipe de haut niveau comme les Nuggets à domicile fin mars, le dos au mur, quel espoir ont-ils dans une série en sept matchs ? Ils ont un calendrier difficile devant eux, y compris des déplacements à OKC et au Minnesota. Chaque victoire contre un prétendant est amplifiée. Chaque défaite, surtout à domicile, est comme un coup de poing dans l'estomac.
**Le problème du Joker et le manque d'identité de Phoenix**
Nikola Jokic de Denver est deux fois MVP pour une raison. Il tourne à 26,1 points, 12,3 rebonds et 9,0 passes décisives. Il décortique les défenses, rend tout le monde autour de lui meilleur, et les Suns, historiquement, n'ont aucune réponse pour lui. Deandre Ayton était le sacrifice désigné, mais maintenant c'est Jusuf Nurkic qui s'y colle, bon pour quelques fautes techniques et pas grand-chose d'autre contre le Joker. La stratégie défensive de Phoenix contre Jokic dégénère souvent en fautes frustrées et en tirs à trois points grands ouverts pour les joueurs de soutien de Denver. Aaron Gordon, Kentavious Caldwell-Pope et Michael Porter Jr. se régalent tous lorsque Jokic attire les prises à deux.
Il ne s'agit pas seulement d'arrêter un seul joueur. Il s'agit pour Phoenix d'établir une identité au-delà de "nous avons trois joueurs qui peuvent marquer". Ils se classent 14e en évaluation défensive. Ce n'est tout simplement pas suffisant pour une équipe avec des aspirations au titre. Ils concèdent trop de rebonds offensifs, trop de points faciles en transition. Quand les tirs ne rentrent pas, ils s'effondrent.
Ma prédiction audacieuse ? Les Suns s'en sortent, portés par une performance désespérée de Booker, mais ce ne sera pas joli. Ils gagnent 108-105, mais cela ressemblera plus à un sursis qu'à un tournant.